28.06.2008

Et voilà que ça recommence...

 
 

"Vous avez dépassé le quota d'espace disque qui vous était alloué. Si vous souhaitez libérer de l'espace disque, il vous suffit, via le tableau de bord, de retirer des fichiers. En revanche, si vous souhaitez conserver l'intégralité de vos archives, nous vous proposons de souscrire à l'une de nos deux offres Classic ou Pro."

 

Allez, hop. Hautetfort ça commence à m'saoûler sérieusement. Je change :
Rendez-vous y vite ! Au programme : des anecdotes stupéfiantes concernant mon boulot de serveuse du moment (edit du 30 juin : je viens d'ouvrir les commentaires à tous, même les passants anonymes...).

22.06.2008

Serveuse.

La pizzeria m'a rappelée. J'ai bossé, hier, durant la fête de la musique. J'étais commis : pichets d'eau, corbeilles de pain, boissons, desserts, dressage de tables... "'Faut me redresser cette table !" Pourquoi ? Y'a eu un coup de vent ? "Mets-leur du pili-pili !" Du quoi ? "Un bébé rose, s'il-vous-plaît." Un quoi ??? "J'voudrais un mauresque." Putain... Ils parlent quelle langue ici ? Tout était fini vers 2h du matin. Crevée, la Caro, mais enrichie d'un vocabulaire intéressant.

20.06.2008

Sibérie !

 

manu-chao_001373_MainPicture.jpg

Manu Chao au théâtre antique de Vienne, hier soir. J'ai pu m'acheter une place juste avant le concert, moins chère que le prix de base, en plus. Wouhouh ! C'était tout simplement jouissif. Une fosse peuplée de grands gars suants qui pogotaient en rythme, au moins six retours sur scène des artistes... Gé-ni-al.

...

Quand je te vois dans le métro,
Quand je te bois dans mon café,
Quand je te brûle dans mon tabac,
Quand je te mange avec mes yeux,
Quand je nous vois dans un grand bain,
Quand je te souris à la vie,
Quand je te parle dans un taxi,
Quand je te vois je me sens mieux,
Quand tu t'en vas je me sens vieux.

Il est dix heures et les enfants jouent dans la cour,
Sur les gravats de notre amour,
Sur les gravats de notre amour.

Sur la place rouge de nos deux cœurs (bis)
Sibérie dans le train,
Sibérie le matin,
Sibérie je m'ennuis,
Sibérie tous les jours,
Sibérie dans la chambre,
Sibérie dans tes yeux,
Sibérie fleuve amour,
Il fait si froid dehors.

...

18.06.2008

Untooned.

untooned_jessicarabbit.jpg
2372749839_0dcacce648.jpg
18485_2_468.jpg
390370CHjg_w.jpg
untooned-homer.jpg
pixeloo_stewie.jpg

17.06.2008

"J'te vois pas".

Tact d'une maman qui est parvenue à choper les résultats avant moi sur le site de l'ENS, complètement saturé. Peut-être que ces yeux fatigués n'y voient plus clair, sait-on jamais. Bon. Je n'ai rien gagné et je n'ai aucune envie de presser le bouton "restart". Aucun admissible en option histoire-géo, trois sous-a (félicitations à Julie, Marine et Nina !) et un petit coup de stress pour moi... Pourvu qu'ils me donnent ma double-majeure !

13.06.2008

Fin d'une ère.

pdwad1jb.jpg

Depuis hier je suis en vacances. Une dernière semaine chargée : oral de français mardi, d'histoire mercredi ("Les Omeyyades, l'apprentissage du pouvoir") et de géo jeudi (l'île d'Yeu et la côte) et yoplaboum, plus rien. Lundi... Résultats de l'ENS (sans y avoir fait attention, je publie cette note un vendredi 13), mardi conseil de classe (tout à l'heure, j'ai trouvé un trêfle à quatre feuilles dans le jardin). Je vais me faire un peu d'argent cet été : du 6 juillet au 1er août, je serai normalement animatrice au centre aéré de Chuyer et, du 11 août au 30 août, caissière à l'Intermarché de Vienne. Si j'ai un peu de chance, la pizzeria où j'ai postulé me rappellera pour que je bosse pendant Jazz à Vienne. Je leur avais remis CV et lettre de motivation en main propre, un sourire large comme une banane en travers de la poire, les cheveux dans le vent, une petite robe printanière et légère pour tout vêtement. Mais bon. J'en ai marre de les relancer alors j'attends. Sinon tant pis, ils ne savent pas ce qu'ils perdent... J'aurais pu rameuter du client. L'an prochain, je me lance dans une double-majeure en histoire-géo à Lyon 3, si tout se passe bien. J'ai du mal à réaliser que la classe préparatoire, l'hypokhâgne, la khâgne, tout ça, c'est terminé.

21.05.2008

Sale beau temps.

Les journées se traînent mais j'apprécie mon week-end de quatre jours. C'est comme des petites vacances. J'ai le temps de faire plein de choses, de me changer les idées. J'aime pas tellement les gens de la prépa. C'est sans doute pour ça que je ne prends pas plaisir à aller en pause, à traîner pendant les intercours. Ce petit cercle fermé, qui se pense érudit... Entre certains avec leurs tics de langage insupportables ("oui, mais huuuuum, enfin, vous comprenez eeeuuuuh, car, en fait, a priori, heeem, la confrontation de ces deux... de ces deux, euuuh, types de conceptions..."), ceux qui n'ont jamais bossé de leur vie - les parents veillent et, avec un salaire de 4000 euros par mois, ça aide - et les neuneus moumous coincés du cul, j'ai pas fini de m'amuser. Et puis, en partant d'ici, je tracerai un portait de chacun de mes profs, points positifs et négatifs, avec une certaine prise de recul. Ca me fera du bien.

 

Aujourd'hui, plusieurs constats :

 

Etre aveugle n'empêche pas d'être désagréable. Je ramenais Alexandre, qui aura deux ans dans quelques mois, en poussette de la crèche (7 euros de l'heure, c'est que du bonheur) et voilà qu'une dame dodue, une canne blanche à la main, arrive en sens inverse. J'évalue la direction que prend sa trajectoire et je fais le choix de me coller contre le mur, lui laissant un généreux espace du côté rue. Mais voilà t'y pas qu'elle change soudainement de sens. Son bâton immaculé heurte la roue de la poussette. Je m'empresse de formuler un "excusez-moi", mais je ne pouvais pas me déplacer sans lui rentrer un peu plus dedans. Pensant sans doute que je m'étais reculée / avancée, elle insiste et me fous sa canne dans la jambe. J'ai alors jugé bon de préciser "je suis vraiment désolée, mais je suis en poussette". Elle a tiré la gueule et m'a lancé un petit "oui mais bon" méprisant avant de s'orienter différemment. Oui mais bon ? J'avais pas le choix cocotte. Et c'est pas parce que t'y vois rien que je vais tout t'excuser.

 

Il est possible de faire du vélo en jupe. A condition d'en descendre non pas, comme d'ordinaire, en passant la jambe par-dessus la selle (au risque de voir la jupe en question s'accrocher un peu partout, dévoilant un morceau de petite culotte, sous le regard joyeux des passants), mais en posant ses pieds au sol, debout et droite, et en s'extirpant de l'ingénieuse machine en ramenant l'une de ses jambes près de l'autre, au niveau de la chaîne. C'est très gracieux, vraiment.

 

Il ne faut jamais tenter d'être originale en khôlle. Oral d'histoire, aujourd'hui : "Les villes au temps d'Elisabeth Ière". Ah ah ! me suis-je écriée (y'a un "e" ou pas ?) intérieurement, là y'a un p'tit piège au niveau des bornes spatiales du sujet. C'est vrai quoi, "au temps d'Elisabeth Ière", ça veut simplement dire entre 1558 et 1604. Dans une première partie, j'ai donc axé ma réflexion sur la thématique de la ville, concentration de pouvoirs en lien avec un florissement démographique : économique, juridique, politique, militaire, culturel... Partie surtout centrée sur les villes anglaises (disctinction market towns, county towns, capitables provinciales - genre Newcastle - et Londres). Dans un second temps : la ville au coeur des enjeux. Villes portuaires qui permettent des échanges fructueux et qui sont parfois le lieu d'embargos (Anvers, Emden, Stade...), villes-clés dans la politique extérieure et plus globalement dans le contrôle du territoire (Calais, dernier pied anglais sur le continent européen perdu au début du règne, Dublin dans le Pale, York siège d'un conseil du Nord...), villes qui concentrent des richesses, des forces militaires (Porto-Rico, Cadix)... Le prof n'a apparemment pas apprécié. Ses questions consistaient à me faire réciter le cours : définition typologique des villes, de leurs zones spécifiques (fossé, murailles, faubourgs, centres commerçants, guildes, quartiers résidentiels), de phénomènes tels l'exode rural, la croissance démographique... Oui, bon, d'accord, des choses essentielles mais tellement terre-à-terre ! Tellement... géographiques ! Et puis le voilà qui se met à s'étonner de ma tendance à compliquer les choses : le sujet n'était censé porter que sur les îles britanniques (Angleterre, Ecosse, Irlande, Pays de Galle). Ah oui ? Bah fuck (in english of course).

20.05.2008

Préparation aux oraux ou comment se faire chier à l'intérieur alors que le soleil luit, que les oiseaux gazouillent et que le gazon ondule.

1482987323.JPG1694809739.JPG

 En cours de carto, j'avais envie de visser mon casque sur mes oreilles et de piquer du nez sur la table. Nous avons étudié deux cartes de la Corse (Bastia et Porto Vecchio). Ca donne des envies de vacances, et tant pis si elles sont franco-françaises (et puis j'aime bien Napoléon). Trois jours de cours par semaine ce n'est pas vraiment violent, même si les journées sont assez chargées. La prof de français nous apprend à jouer à "pigeon vole", le prof d'histoire désespère de nous voir réagir et la documentaliste, toujours aussi aimable, vient réclamer ses bouquins en classe avec force réprimandes (j'ai en ma possession l'ouvrage "Histoire de l'Islam" paru dans la documentation photographique et qui devrait dormir dans les rayonnages du CDI depuis le 11 février). Entre élèves, on parle de cerises, de p'tits boulots pour cet été, des dernières khôlles. Mes allergies reprennent. J'ai de nouveau des tâches de rousseur, ça c'est cool. Ci-dessus, photos de mon premier tableau achevé (enfin je crois, je n'arrête pas de faire des retouches). On dirait un dessin de gamine, ça me fait rigoler. Les résultats du concours arrivent le 16 juin. J'aimerais vraiment être sous-a, ce qui me permettrait d'avoir directement mes équivalences pour aller à la fac d'histoire-géographie de Lyon 3. Nous verrons cela en temps et en heure. Je vais en cours en vélo. Une petite bicyclette bleue, pneu crevé à l'avant que je m'acharne à regonfler lors de chacun de mes déplacements et chaîne que j'aurais dû graisser depuis un moment (que voulez-vous, j'ai une cervelle de moineau...). Merde... J'ai encore oublié d'emmener mon dossier pour les APL à la CAF...

12.05.2008

Multiplication.

2074759171.JPG842171663.JPG

 Ah oui, j'avais oublié... Ils sont deux, maintenant. Lola avait disparu depuis quatre jours. Puis elle est réapparue, noire et puante, un début d'après-midi ensoleillée. Personne ne saura jamais où elle avait décidé d'établir sa planque. Avant ce douloureux épisode, j'en étais venue à douter de sa sexualité. Lola était peut-être un mâle, étant donné qu'elle montait régulièrement le petit noir. Mais bon, apparemment c'est une habitude des lapines. Finalement, on ne sait pas trop et le mystère reste entier.

05.05.2008

Blague sans prétention.

"- Je vais mourir, les médecins m'ont dit que j'avais Alzheimer.

- Ils t'ont dit ça quand ?

- J'm'en souviens plus."

FIN

Avec de la ciloubette ou peut faire du taloubé.

26.04.2008

Concours de l'ENS : sujet de composition française (bis).

"A propos de La Chartreuse de Parme, Michel Crouzet écrit : "Evoquant l'histoire, mais refusant de la dire, le roman la subordonne à ses impératifs et l'écrit en termes de sublime ou de bouffon, ou les deux à la fois. L'histoire est mise au service de la transcendance héroïque du romanesque, ou de sa contre-partie dérisoire. La phase d'attaque est un début de roman historique, la date lancée est bien l'origine du récit et le début d'une nouvelle histoire, et les premiers chapitres suivent l'histoire de l'Italie révolutionnée et francisée. Mais après 1815 le roman s'installe dans sa propre histoire ; comme il a sa géographie, il se crée son histoire à lui, parallèle peut-être, mais inconnue et inventée. Le roman historique place une aventure romanesque dans un contexte historique ; Stendhal situe une aventure fictive dans une histoire fictive et interdit tout recoupement - autre que la ressemblance, la dérivation et l'allusion - avec les faits contemporains. Le roman est dans cet écart."

(Michel Crouzet, édition critique de La Chartreuse de Parme, Préface, p.xxvi, Orléans, Paradigme, coll. Hologrammes, 2007)

En quoi ce jugement éclaire-t-il votre lecture de La Chartreuse de Parme ?"

 

Je voulais Stendhal, je l'ai eu ! Pourtant, quel sujet creux...

25.04.2008

Concours de l'ENS : sujet de composition de géographie.

1826512006.jpg 

"Mobilités spatiales et développement dans le monde indien".

Rien à dire, je pense que je me suis bien plantée. Pourtant, en sortant, j'étais relativement fière de moi. Puis, après discussion avec des camarades, je ne l'étais plus du tout...

24.04.2008

Concours de l'ENS : sujet de composition de philosophie.

1601009744.jpg 

"Un savoir scientifique sur l'homme est-il compatible avec l'idée de liberté ?"

Oh, pauvre Mickaël... Bizarrement, moi, j'ai ressenti tout au long de cette épreuve comme une vague lyrique (que vient faire le lyrisme en philo, me direz-vous ?) bienfaisante qui me soufflait des bulles écumeuses d'idées brillantes... Et vous, ça s'est bien passé ?

23.04.2008

Concours de l'ENS : sujet de composition d'histoire.

1612523573.jpg

"Riches et pauvres dans les îles Britanniques sous Elisabeth Ier".

Je fais remarquer aux aimables membres du jury que le mot "Britanniques", correspondant ici à un adjectif qualificatif, ne prend pas de majuscule... Je suis sortie une heure avant la fin, un peu dégoûtée d'avoir bouffé des dates durant toutes mes vacances pour que dalle. Parce qu'en dehors des Poor Laws et des premiers pas du mouvement des enclosures, j'avais pas grand chose à mettre sous la dent du correcteur.

A la sortie de l'épreuve, on me remet une feuille qui, comme ça, paraissait inoffensive mais qui, en vérité, était porteuse d'une bien triste nouvelle : "A la suite de l'incident qui a affecté un centre d'écrit lors de l'épreuve de composition française le mardi 22 avril, le président du jury a pris la décision d'annuler cette épreuve. Tous les candidats doivent donc passer à nouveau cette épreuve le samedi 26 avril, de 9 heures à 14 heures. Ce document tient lieu de convocation."

Un peu déçue de ne pas connaître la note que j'aurais eue avec Roubaud. J'avais l'impression d'avoir rendu quelque chose de plutôt valable. Tant pis. Je suis fatiguée. J'aime pas cette impression de ne pas avancer. Hier, je souriais en pensant "voilà, une de moins". Et non. C'est reparti pour un tour...

22.04.2008

Concours de l'ENS : sujet de composition française.

2069387368.jpg

"Dans une étude intitulée Les Possibles de la Poésie, Michel Deguy, Denis Roche, Jacques Roubaud (2006), Stéphane Baquey écrit à propos de Quelque chose noir : "Jacques Roubaud renonce à définir la poésie autrement que comme un "monde possible", comme un "jeu de langage" paradoxal, public-privé, qu'aucune grammaire ne saurait constituer, mais qui repose sur l'invention d'une stratégie dont l'adversaire peut être la nature sans cesse changeante ou bien la mort elle-même, le néant du deuil. Dès lors, si la poésie se donne des règles explicites, des contraintes, c'est sans fondement théorique, sans assises linguistiques, en vertu d'une pure fiction. Cette fiction n'est cependant pas sans vérité : elle est précisément une manière pour la poésie de résister à tout ce qui conspire à la rendre impossible". En quoi ce jugement éclaire-t-il votre lecture de Quelque chose noir ?"

Vous aurez noté au passage la petite blagounette de la question finale : il s'agit d'éclairer "quelque chose noir"... Ahah. Les Parisiens ont dû sortir une demi-heure avant la fin de leur épreuve du fait d'une alerte à la bombe. Nous allons peut-être devoir recomposer durant cinq heures, même nous, pauvres Lyonnais, qui pensions innocemment avoir définitivement bouclé le français. Bon, et puis j'suis légèrement énervée à l'idée que les candidats de la capitale aient été un peu favorisés par ce sujet : plusieurs conférences où Jacques Roubaud lui-même était présent ont été données à Paris. Demain, histoire.

26.03.2008

En glaise.

Et voilà, je viens de sortir de l'épreuve de version anglaise, torchée en deux heures et trente minutes (amplement suffisant). Rêve de cette nuit : un casse énorme, on était quatre dans le coup, 50 000 euros. Je ne me souviens que du passage où, le sac rempli de billet dans une main, je me suis engouffrée dans ma voiture, un 4X4 aux dimensions titanesques, et lui ai ordonné (bah oui, ma bagnole réagissait au son de ma voix) de fermer les portes et de démarrer. Bien sûr, à ce moment-là, un de mes complices à chercher à rentrer du côté voyageur, poursuivi par une armada de vigiles. Contre-ordre, 'faut ouvrir les portes. Il monte, vite, on démarre. Il fait nuit, je dis à mon bolide d'augmenter la puissance de ses phares. Pas de changement, je n'y vois rien. Je manque de rentrer dans deux voitures et nous voilà en pleine cambrousse, seulement éclairés par les rayons de la lune. Dans l'habitacle où mes trois complices sont rassemblés, nous commençons à négocier le partage du butin. Je fais valloir l'importance primordial de mon tout-terrain dans cette affaire. Les autres râlent. La poursuite continue. Le chemin est boueux, sombre, bordé de buissons bleutés. J'ai foncé dans une impasse. Marche arrière. Je me retrouve dans un grand hangar, séparé en plusieurs batiments où vont nous être dispensés des cours de cirque. Je suis inscrite à une séance de création manuelle (tiens donc !) et la formatrice est en pleurs : sa collègue vient de décéder. Le pathos de la scène m'exaspère, je rejoins un groupe de "coordination de fête foraine". Le prof n'arrête pas de se la racler, me demande si celle qui est morte était atteinte d'un tricligyophuge parennile ou d'une glatyoliorique taglortamène (approximativement) avec un petit sourire au coin. Nous sommes installés sur des sièges en simili-cuir rouge, tous liés les uns aux autres (une sorte de poussette géante). On nous pousse très vite, tout le monde rigole. Je ne me suis pas attachée et je m'accroche aux accoudoirs. Des flics nous observent, j'suis dans la merde. On nous pousse encore, mais cette fois violemment. Je tombe face contre terre, mon siège toujours plaquée contre moi, soucieuse que je suis de donner l'illusion que j'y suis attachée. Je tourne mon visage - ma bouche, mon menton sont pleins de poussière - vers les autres qui, eux, sont accroupis, bien droits, sur le sol. Comment ont-ils fait ? Ils me regardent, les yeux moqueurs... Mon réveil sonne, comme tous les matins, me tirant de mon rêve, comme tous les matins.

25.03.2008

Choc - ola !

Super week-end. Vraiment. Super week-end. Elle est moche cette expression. J'en trouve pas d'autres. Ai mangé des bonnes choses, ai joué à pleins de trucs, ai ri. C'était bien, quoi. Concours blanc jusqu'à jeudi... Aujourd'hui cétait philo : "Faut-il croire en la liberté ?". Sujet merdique, rien à dire, pas envie de réflechir. Je songeais au rêve de cette nuit. Un garçon aux cheveux longs, reflets dorés, un style entre Rahan et Tarzan. VIème ou VIIème siècle. Une femme en guenilles lui lisait les lignes de la main. Sa main était la mienne. La même paume, même ligne de vie, d'amour... Je sentais son doigt parcourir ma peau, elle disait un tas de choses qui semblaient passionnantes. Elle était peut-être en train de révéler le sens de ma vie mais ses mots se précipitaient dans sa bouche, se heurtaient, se choquaient. Le temps en accéléré, impossible d'entendre, de comprendre. "Une vie liée à..." Quoi ? "... et des traits d'énergie qui se rassemblent pour représenter le..." Mais QUOI ? Les yeux brillants, la voyante retourne ma main, y voit converger cinq lignes, m'explique que... Le réveil sonne. Fuck off ! Enfoncer ma tête dans l'oreiller, fermer les yeux très forts, tenter de se souvenir, de rattraper le rêve. J'ai somnolé une demi-heure, le visage entre mes bras, sur mon bureau bancal. Pas inspirée. Déjà en géo, c'était bof : "le Monde Indien : une géographie toujours structurée à partir des littoraux ?". L'histoire, pas mieux : "Mobilité et mutations dans la société britannique (1558-1603)". Y'a que le français que j'ai bien senti (sujet trop long pour être recopié ici). On est allés acheter de la paille pour Lola, chez un paysan du coin. Le gars voulait nous vendre une botte entière... Bref, elle est comme une dingue, elle bouffe le moindre épi de blé qui traîne et ne sait plus où donner de la tête. Et c'est quand on se met à parler à tout bout de champ de son lapin nain qu'on s'aperçoit que l'ennui (la routine ?) est bien installé...

Bâtard.

 

Ô Lyon, ô Paris, ô Toulouse (ordre alphabêtique oblige) ! Que vous êtes belles de nuit, parées de mille diamants lumineux, chaudes d'une vie grouillante et palpitante. Ô Lyon, ô Paris, ô Toulouse ! Combien de fois ai-je parcouru, trottinante et haletante, vos trottoirs brillants de pluie, gavant mes yeux des merveilles jalousement gardées par les vitrines de vos rues piétonnes ? Ô mes beautés, pourquoi si souvent mon pied a-t-il alors heurté un étron brun, renfermant l'odeur abominable et canine qui, vicieuse, s'accroche à nos talons, toujours et ce malgré nos tentatives pour racler la semelle contre le sol, les marches, le gazon ?

Encore une journée d'foutue. Merde... de chien.

Ah, que j'aime la ville ! Oui, mais je l'aimerais sans doute mille fois plus sans ces crottes qui jonchent mon chemin et m'obligent à slalomer matin et soir. Tenez, l'autre jour je surprends une femme assez âgée en plein délit. Son cabot, un gros bâtard à la langue pendante, faisait paisiblement ses besoins dans la pelouse devant mon immeuble. En ralentissant mes pas, je parvins à atteindre sa maîtresse au moment-même où elle reprenait sa promenade, abandonnant là le petit cadeau nauséabond.

" - Madame, excusez-moi, vous ne ramassez jamais les crottes de votre chien ?

- Ah si, j'vous remercie ", me répond-elle sans bouger d'un poil.

Son ton, son regard m'indiquaient d'ores et déjà que j'avais affaire à une demi-demeurée, une abrutie étroite d'esprit et agressive.

" - Bah pourquoi ne le faites-vous pas cette fois alors ?

- Et vous faites comment quand c'est comme du pipi ? On peut pas ramasser !

- Vous prenez du sopalin et un sac plastique. Vous n'en avez pas ? "

Car là se trouvait tout le paradoxe de ses propos. La pauvre vieille affirmait ramasser d'ordinaire les crottes de son animal mais n'était pas fichue de me montrer le fameux sac plastique qu'elle était censée avoir sur elle. Elle ne pouvait pas prévoir, en toute logique, que son chien aurait la courante !

" - Mais si c'est liquide c'est pas grave, ça s'infiltre !

- J'peux vous dire que ça colle quand même aux chaussures.

- Et puis mêlez-vous de vos fesses, c'est pas vous qui payez. "

Là, j'aurais dû lui dire que 1) On s'occupe de ses fesses et on se mèle de ses affaires. 2) Je m'occuperai de mes fesses quand elle s'occupera de celles de son clébard. Mais, je ne pus formuler ces quelques traits d'esprit car sa dernière phrase me posait problème.

" - C'est pas moi qui paye quoi ?

- Vous, vous avez pas de chien. "

 

Sur cet argument inattaquable et après quelques autres politesses échangées, je prenais congé de mon interlocutrice, pestant au passage contre les déjections animales en compagnie d'un petit vieux conciliant qui avait assisté à la scène. J'allai ensuite acheter mon pain, l'air un peu renfrogné - 'faut dire que je m'étais juré de ne plus jamais mettre les pieds dans cette boulangerie depuis que son gérant avait par deux fois et après mes remarques insistantes omis d'afficher ma petite annonce - puis rentrai chez moi. Mon lapin nain eut à subir mes persiflages tandis que je lui caressais le poil avec peu de délicatesse. Lui, au moins, ses crottes peuvent se ramasser à la main : inodores, rondes, petites, sèches.

 

Etonnant qu'un croisement n'ai jamais été envisagé.

 

24.02.2008

Je n'aime que toi, Louis Garrel (dans Les Chansons d'Amour).

17.02.2008

"T'es la fille la plus compliquée du monde."

fbd5182769f1803af03919c8c8bab0e4.jpg
C'est marrant d'imaginer un être humain "compliqué". Comme une machine dont le système de fonctionnement ne serait pas, au premier abord, de la plus grande simplicité, fournie avec un dense dossier d'instructions, pas plus évident à utiliser que la machine en question. Moi, je me trouve vachement compliquée quand, penchée sur une dissertation qui me passionne un tant soit peu, je me perds dans un dédale d'idées certes dynamique mais ô combien difficultueux qui tôt me mène à une note médiocre lorsque je ne parviens finalement pas à faire aboutir ma pensée ou, au contraire, à une note excellente lorsque je démèle enfin la pelote de noeuds que je me suis acharnée à créer moi-même. Mais être compliqué, c'est aussi ne pas être naturel, se modeler un rôle à la con, rôle qui nous va si bien qu'on se décide à l'adopter à jamais. L'idée d'une voie détournée et d'un chemin, plus simple, que l'on contourne. Faire compliqué c'est à la fois s'entortiller dans un monde un peu faux et faire preuve de raffinement, de subtilité. Mais je crois que celui qui m'a inspiré le titre de cet article pensait tout simplement que je suis particulièrement chiante.